Rencontre avec Somepling, un musicien qui s’est totalement auto produit. Entre soul, hip hop, électro ou encore funk, ses histoires se racontent en samples.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de commencer dans la musique?

 La passion et la curiosité. La musique n’est pas quelque chose que je consomme ponctuellement, c’est quelque chose qui m’accompagne depuis très longtemps. Je crois que je voulais passer dans les coulisses, comprendre pourquoi un instrument sonne de cette manière et pas autrement.

Quel a été votre point de départ ? 

J’ai appris la musique de manière traditionnelle, sur différents instruments (accordéon, guitare, batterie…) Par la suite, j’ai joué de la batterie au sein de plusieurs groupes, et je me suis vite rendu compte que je souhaitais diriger chaque instrument comme je le voulais, à la manière d’un chef d’orchestre. L’impossibilité de le faire dans un groupe m’a poussé naturellement vers l’ordinateur, qui m’a permis d’expérimenter. Et j’ai rapidement acheté mon premier sampleur.

Que signifie votre nom d’artiste Somepling?

Le sample, c’est l’échantillon; le sampling, la technique qui permet de composer par échantillonnage. Ce nom est arrivé simplement, je voulais juste parler de ma musique à travers lui. Le mot quelconque « Some » (quelqu’un), et l’étrange onomatopée « Pling ». Littéralement ma façon de signifier que « je fais du bruit ».

Y a t-il un style musical qui rassemble vos productions? Qu’est-ce qui vous a influencé dans votre projet? 

C’est un exercice difficile que de définir un genre rattaché à un artiste donné. Ma musique se nourrissant de samples, et le sampling étant résolument rattaché au hip hop, je pense que mes morceaux se rattachent au hip hop, même si ce sont des morceaux instrumentaux et même si la sonorité renvoie parfois au jazz ou à la soul. Concernant mes influences, je n’ai jamais posé des barrières de genres musicaux ou de styles. Mes oreilles se baladent entre soul, jazz, rock, funk, hip hop, électronique .. Donc mon son s’est forgé naturellement, au fur et à mesure des écoutes variées, et également au fur et à mesure des disques échantillonnés. Mon influence majeure est DJ Shadow. Il est le seul à aller si loin quand il s’agit de parler par les samples… Il a été le producteur qui m’a donné envie de raconter mes propres histoires par la musique. 

Pourquoi n’êtes vous pas passé par une maison de disques pour ce vinyle? Avez vous fait paraître d’autres disques? 

 Ce projet de disque vinyle est né de mon envie de diriger un projet du début à la fin. J’ai travaillé sur plusieurs projets précédemment (découvrir sa discographie), notamment 3 projets réalisés avec l’aide de différents labels : Still Muzik (Paris), Cold Busted (Los Angeles) et Outlier Recordings (New York). Cette fois-ci, je voulais être totalement libre dans mes choix, du mastering des morceaux au pressage du disque, jusqu’au design de la pochette… Je voulais gérer l’ensemble du processus. J’ai donc auto-produit le disque, et je me suis simplement fixé de rentrer dans mes frais. Le bénéfice n’était pas au programme, mais le but était de sortir un vinyle de manière indépendante.

Où peut-on trouver vos disques et notamment comment avez vous réussi à les faire paraître chez les disquaires de Nantes? 

 J’ai fait du porte à porte. J’ai pris sous le bras mes 45 tours et je suis parti les proposer chez quelques disquaires… à Nantes, chez Oneness Records et Mélomane, à Brest chez Artloud, et à Rennes chez Blindspot. Le site HHV (Allemagne) en propose quelques uns également. Avez-vous des futurs projets?  Je suis actuellement en train de mettre la touche finale à un second projet de disque vinyle auto-produit, cette fois-ci un 33 tours. Je souhaite travailler par la suite sur un album (LP). Le format long est plus intéressant pour raconter des histoires plus grandes, avec une zone d’expression encore plus large, mais ça demande beaucoup de temps et de travail. Néanmoins, j’y tiens car je sais que l’impact sera plus fort qu’un 45 tours ou EP. 

Interview réalisée par Bastien Jaffre et Théophane Raveleau

Pour Radio Prun’, 2013